CH: L’Eglise protestante de Genève confrontée à un déficit important

La Présidente de l’Église Protestante de Genève, Charlotte Kuffer. Photo: FEPS/Flügge.

Le Consistoire de juin a validé les comptes 2011-2012 de l’Eglise protestante de Genève (EPG), clos au 31 mars. Le déficit sur une année s’élève à un million de francs. Hors recettes et dépenses extraordinaires, l’excédent de charges avoisine les deux millions de francs. Depuis fin 2010, l’EPG explore les pistes permettant de parvenir à des comptes équilibrés en 2014-2015. Un résultat qui sera difficile à atteindre.

Au terme de l’exercice 2011-2012, l’Eglise protestante de Genève (EPG) connaît un excédent de dépenses d’un million de francs en comptes consolidés, malgré une bonne maîtrise des charges ordinaires (à 14,5 millions de francs). Les revenus issus de dons atteignent 8,6 millions de francs, sur un total de recettes ordinaires de 12,5 millions ; bien qu’en ligne avec l’année précédente, l’apport de nos donateurs est inférieur à nos projections budgétaires. Contrairement à nos espérances en effet, les dons ne sont pas revenus au niveau d’avant la crise financière de 2009. Malgré des revenus extraordinaires issus de ventes immobilières de plus d’un million de francs et la dissolution d’une provision d’un montant similaire, les comptes ne s’équilibrent pas.

Un résultat inquiétant adouci par deux aspects positifs : d’une part, les donateurs restent fidèles à leur Eglise, et ce même en période de difficultés économiques ; d’autre part, les dépenses ordinaires sont en ligne avec le budget.

Néanmoins, la situation est préoccupante : sans la dissolution d’une provision d’un million de francs, la différence entre charges et revenus ordinaires est de l’ordre de trois millions, ce qui signifie que la situation actuelle appelle des mesures importantes.

La dernière décision en date, prise en mars 2012, est celle du redimensionnement des investissements informatiques. Structurellement, l’EPG s’emploie, depuis fin 2010, à définir des mesures permettant l’allègement et la simplification de son organisation, héritée de l’histoire et dont le coût dépasse désormais ses moyens. Ce programme, connu en interne sous le label GT14, est participatif : il associe les différents lieux de l’Eglise (paroisses et services spécialisés) à la réflexion et à la mise en place de collaborations renforcées afin d’assurer un meilleur partage des activités. Il devra être rapidement mis en oeuvre pour porter ses premiers fruits durant l’exercice 2013/2014.

La précarité de la situation impose le non remplacement de certains départs. C’est par ce biais que le budget 2012-2013 a d’ores et déjà pu être diminué de 250’000 francs.

Dans ce contexte global, valoriser davantage certains biens immobiliers de l’EPG constitue une piste pour augmenter les recettes. « Le nombre de lieux de culte, pour ne parler que des temples, est surdimensionné par rapport à l’utilisation qui en est faite, affirme Eric Vulliez, nouveau responsable des finances et de l’immobilier. Des arbitrages, parfois difficiles, devront être opérés dans les années à venir pour diminuer les frais de gestion et alimenter la trésorerie de l’Eglise. » Il n’est en effet pas souhaitable que l’entretien des bâtiments se fasse au détriment de la mission centrale de l’Eglise.

Par ailleurs, consciente que les jeunes générations de protestant-e-s doivent être davantage sollicitées que leurs parents quant à leur responsabilité de soutenir financièrement leur Eglise, l’EPG entend dynamiser son approche d’appels aux dons. A cette fin, un groupe de travail sera mandaté dans les prochains mois par le Conseil du Consistoire.

L’EPG tient à rappeler qu’en qualité d’institution indépendante de l’Etat, elle ne vit que grâce à la générosité de ses donateurs. Chaque don compte.